Un stand pédagogique pour décrypter les enjeux territoriaux en Sud-Aquitain
À travers une série de cartographies, l’AUDAP proposait aux participants d’explorer les dynamiques locales, les usages de la ressource et les pressions qui s’exercent sur celle-ci.
Cet espace d’échange a permis de sensibiliser de manière concrète et visuelle aux réalités territoriales : répartition de la ressource, impacts des activités humaines, vulnérabilités face au changement climatique. Le stand a favorisé les rencontres entre acteurs engagés dans la gestion, l’étude et la préservation de l’eau, renforçant ainsi les liens entre expertise et action locale.
Une conférence marquante : comprendre l’urgence et déconstruire les idées reçues
Moment clé de l’évènement, la conférence de Juliette Duquesne a profondément marqué les esprits. Son intervention a dressé un constat sans détour sur la situation mondiale de l’eau.
Elle a notamment rappelé que, au cours du XXᵉ siècle, les prélèvements en eau ont augmenté 1,7 fois plus vite que la population, tandis que le réchauffement climatique intensifie à la fois les sécheresses et les inondations. Ces phénomènes sont aggravés par l’urbanisation croissante et la dégradation des sols, réduisant leur capacité à absorber et retenir l’eau.
L’un des points majeurs de la conférence concerne le rôle central de l’agriculture dans les pressions exercées sur la ressource. À l’échelle mondiale, elle représente près de 90 % de la consommation d’eau, alors même que 70 % des terres agricoles sont consacrées à l’élevage.
En France, les évolutions sont également significatives : les vignes, autrefois non irriguées, le sont de plus en plus. Entre 2010 et 2020, la part des vignobles irrigués est passée de 10 % à 26 %, une tendance toujours à la hausse sous l’effet du changement climatique.
Si des avancées notables ont été réalisées au cours du XXᵉ siècle concernant la pollution domestique et industrielle, la pollution agricole reste aujourd’hui un enjeu majeur.
Les chiffres sont particulièrement frappants : entre 1980 et 2021, 12 600 captages d’eau potable ont été fermés en France, sur un total de 37 700. Les pesticides, quant à eux, sont présents dans la quasi-totalité des cours d’eau et des eaux de captage, avec parfois jusqu’à 45 micropolluants détectés dans un seul prélèvement.
Face à ces constats, Juliette Duquesne a également mis en lumière certaines « fausses solutions » souvent mises en avant, comme le dessalement, les bassines ou la réutilisation des eaux usées, qui peuvent déplacer les problèmes en générant d’autres impacts, notamment énergétiques ou écologiques.
À l’inverse, des alternatives durables existent. L’agroécologie, par exemple, permet d’améliorer considérablement la rétention d’eau des sols — jusqu’à 5 à 10 fois dans certaines zones — tout en augmentant les rendements agricoles. Par ailleurs, la prévention apparaît comme une stratégie particulièrement efficace, pouvant coûter jusqu’à 87 fois moins cher que les traitements curatifs de l’eau.
Un engagement collectif à poursuivre
Au-delà des constats, cet événement a permis de renforcer la sensibilisation et de mobiliser les acteurs autour d’un objectif commun : mieux comprendre pour mieux agir. Les échanges, les rencontres et les contributions des intervenants ont illustré la richesse des dynamiques locales et l’importance de l’engagement collectif.
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